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Interview- Own your cash x Medoucine

A l’occasion de la campagne #EllesComptent, Imène Maharzi, fondatrice de OwnYourCash, a souhaité poser quelques questions à Solange Arnaud, fondatrice de Medoucine, sur l’impact de la crise du Covid 19 sur Medoucine et son écosystème.

Beaucoup de médecines douces passent par un contact physique, comment avez-vous adapté votre travail avec vos partenaires thérapeutes pendant ce confinement ?

Il est vrai que cette période a été un moment difficile pour nos partenaires car ils ont dû fermer leur cabinet et que la téléconsultation pour ceux qui en ont fait n'a que rarement permis de compenser le manque à gagner. Globalement leurs finances sont assez fragiles ce qui a fait de ces quelques semaines un cap particulièrement délicat à passer.

Cependant, passé le choc de l’annonce du confinement qui a été un moment de sidération comme pour l’ensemble des français, chaque personne a réagi différemment. Certains ont ressenti de la peur et l’angoisse du présent comme de l’avenir tandis que d’autres ont vu dans cette période une opportunité de prendre soin de soi et de ses proches, développer de nouveaux projets, découvrir de nouvelles façons de travailler à distance, ou encore mener des chantiers de fonds attendus depuis longtemps.

Les thérapeutes ayant la passion de leur métier, ils sont aussi très nombreux à se former en continu et cette période en suspens a pu être l'occasion de nouvelles formations.

De notre côté tout au long de cette période, nous avons focalisé nos efforts en nous demandant comment servir au mieux notre mission, qui est de créer plus de confiance dans les médecines douces, en permettant à nos partenaires thérapeutes de travailler dans les meilleures conditions pour apporter au public un soin de qualité.

Notre rôle d’accompagnement auprès des praticiens a été d’autant plus important durant cette période qui a nécessité de s'adapter très rapidement et à plusieurs reprises en l’espace de quelques semaines. Nos équipes se sont mobilisées largement pour accompagner et rassurer les praticiens en fournissant différentes ressources : informations juridiques, sociales, fiscales, aides, etc.

Notre volonté était également de maintenir le lien avec nos communautés. Côté thérapeutes nous avons proposé différents formats d’échanges à distance (webinaires, cafés online) pour qu’ils soient moins isolés et ils ont particulièrement apprécié dans cette période chahutée de pouvoir échanger entre collègues et voir comment d'autres réagissaient aux circonstances et aux recommandations évolutives du gouvernement.

Nous avons aussi proposé des live quotidiens pour le public, qui ont permis d’apporter les bienfaits de nos pratiques et de nos praticiens gratuitement au plus grand nombre pendant toute la période de confinement.

Ensemble nous nous sommes enfin mobilisés pour préparer la reprise : permettre aux praticiens de s’organiser pour reprendre très rapidement leur activité tout en assurant les meilleures conditions de sécurité pour les personnes souhaitant prendre rendez-vous dès le déconfinement. Leur rôle est en effet particulièrement important après ces mois durant lesquels il y a eu beaucoup de souffrance physique et psychologique qui n’a pas pu être soulagée à cause des conditions du confinement.

Enfin, nous sommes particulièrement fiers car nos praticiens ont souhaité également s'engager auprès des soignants et les aider à leur manière. Ils ont ainsi proposé dès mi-mars des consultations gratuites aux soignants et personnel hospitalier. Cette opération a rencontré un vif succès notamment auprès des infirmières et aide-soignant.es qui sont plus de 800 à avoir pris rendez-vous. Cet engagement va se poursuivre dans la durée avec des tarifs préférentiels pour les soignants et personnel hospitalier.

Est ce que la téléconsultation peut fonctionner pour les médecines douces ? Est-ce vraiment le moyen de rendre les soins plus accessibles ?

La téléconsultation est un outil très pratique et efficace dans certaines situations de la médecine conventionnelle : pour se rassurer, pour obtenir rapidement une ordonnance ou une orientation vers un spécialiste.

En ce qui concerne les médecines douces il faut reconnaître qu'elle n'est pas toujours idéale car les approches sont souvent basées sur un contact humain, l'écoute et une relation qui se noue entre le praticien et la personne qui le consulte. Ajoutons à cela que de nombreuses pratiques comportent des techniques manuelles et on voit que la téléconsultation n’est pas forcément bien adaptée à notre réalité..

La téléconsultation peut néanmoins être pertinente et adaptée, surtout pour une consultation de suivi, et dans certaines pratiques comme l'hypnose ou la sophrologie. C’est pourquoi nous l'avons également mise en place pour notre réseau dès les premiers jours du confinement, et les praticiens qui pouvaient le proposer se sont très rapidement adaptés à ces nouvelles modalités de rdv, restant ainsi disponibles pour les personnes qui avaient le plus besoin d’eux. Au global nous avons pu ainsi maintenir un certain nombre de consultations, mais dans de faibles proportions par rapport aux volumes habituels.

Pendant le confinement, nous avons aussi anticipé la reprise et demandé à nos clients grand public s’il était envisageable de reprendre un rendez-vous physique avec un praticien après le confinement. A 80% ils ont répondu qu’ils seraient présents à condition que les précautions sanitaires soient respectées et nous vérifions ces déclarations puisque juin a été un mois record en terme de réservations effectuées sur notre plateforme, avec une large majorité de ces consultations qui se font en cabinet.

Comment mesure-t-on son impact quand on travaille sur de la prévention santé et bien-être ?

Tout d’abord nous mesurons notre impact au travers du nombre de consultation qui augmente de mois en mois, et des motifs de consultation évoqués par les personnes : du simple accompagnement vers plus de bien-être, aux problèmes de sommeil, de douleurs, de nutrition, de stress, d’addictions. Clairement les consultations proposées adressent des problématiques importantes et qui peuvent avoir un très gros impact sur la qualité de vie des personnes.

Nous le mesurons très concrètement en récoltant les avis des personnes qui consultent nos praticiens. Actuellement les avis sont recueillis en deux temps, avec un premier avis le jour de la consultation pour avoir une première impression: "Recommandez-vous ce praticien ?" et 30 jours plus tard pour avoir un peu plus de recul sur l’impact réel de la consultation  "Avez-vous ressenti un effet bénéfique sur votre santé ?".

C’est ainsi que l’on vérifie à la fois que la sélection des praticiens que l’on effectue avant de les accueillir dans notre réseau est bien faite, et que l’apport des pratiques que l’on référence est réel.

En effet 98% des personnes recommandent leur consultation ce qui est absolument énorme ! Et près de 80% des personnes disent avoir constaté une amélioration de leur santé 30 jours après la consultation ce qui est peut-être encore plus impressionnant.

Ces chiffres sont une vraie fierté pour toute l’équipe et pour notre communauté de praticiens.

Avec cette crise économique, pensez-vous que les médecines douces soient moins accessibles voire moins remboursées pour celles qui le sont déjà et que l’acte de prévention santé au-delà du bien-être soit mis au second plan ?

Quelles perspectives en tires-tu pour ton secteur ?

La question du remboursement des médecines douces est assez complexe, car globalement elles ne sont pas remboursées par la sécurité sociale mais uniquement par certaines mutuelles, pour certains contrats et avec des limites très importantes sur les pratiques remboursées et le niveau de remboursement.

Dans l’immédiat l’usage des médecines douces est donc largement un choix individuel, de consommateur, au même titre que l’on décide d’aller chez le coiffeur ou de faire un voyage qui nous fait plaisir.

Nous n’avons pas toutes les connaissances et les données économiques nécessaires pour évaluer la situation de crise économique qui se profile actuellement il est donc difficile de prévoir comment elle va impacter notre marché.

Cependant nous sommes convaincus que l’usage des médecines douces va continuer à se développer, car il repose sur des fondamentaux avec des tendances fortes : tout d’abord un réel besoin, lié à nos modes de vies et au vieillissement de la population, mais aussi une prise de conscience de la façon dont notre hygiène de vie impacte notre santé, et aussi de ce que la santé est un bien précieux qu’il s’agit de préserver dans le long terme. Enfin les approches de médecines douces ont un aspect “écologique” qui fait écho au développement de la société.

Même si la santé a longtemps été considérée comme un sujet “gratuit” car couvert par la sécurité sociale, de plus en plus de personnes sont prêtes à investir pour la conserver le plus longtemps possible de façon naturelle.

Pour revenir au financement, nous constatons chaque jour que les complémentaires santé sont très intéressées par ce domaine, à la fois pour répondre à la demande de leurs adhérents pour mieux rembourser ces pratiques, et dans une optique de prévention. Nous avons ainsi noué plusieurs partenariats avec Malakoff Humanis, Intermutuelle assistances, et Unéo la principale mutuelle des militaires notamment.

Au delà des mutuelles, de nombreux acteurs de la santé conventionnelle ont la volonté d'établir des passerelles entre les médecines conventionnelles et complémentaires ce qui est très bon signe pour la crédibilité du domaine, et va dans le sens de notre mission de créer plus de confiance pour favoriser le développement de ces approches dont nous voyons chaque jour les bienfaits.

Les partenariats que nous avons établis illustrent très bien cette situation : au delà des mutuelles, nous avons ainsi pu collaborer avec le service de santé des armées ou encore un laboratoire pharmaceutique en oncologie. Ces acteurs de la santé nous sollicitent de leur propre initiative et ces marques d’intérêt n'ont pas cessé depuis la crise du coronavirus, bien au contraire.

Enfin, et c’est peut être le plus important, ce contexte de pandémie et de confinement nous a rappelé que notre santé est un bien précieux. Être acteur de sa santé et veiller à son bien-être dans une logique de prévention est aujourd’hui plus que jamais essentiel et c’est tout le principe des “médecines douces”, ou “pratiques complémentaires” et de leur approche globale de la santé.

C’est pourquoi nous sommes optimistes sur le fait qu’un jour les médecines douces feront partie intégrante du parcours de soin, et que le rôle de Medoucine pour faciliter l’accès donner à des professionnels de confiance est déterminant pour qu’un maximum de personnes puissent en bénéficier

Merci Solange pour cet éclairage !

Merci Imène pour ta belle énergie et cette opportunité de partager notre expérience de cette période si particulière pour tout le monde, prends soin de toi :)

Imène Maharzi

Imène Maharzi

Fondatrice de la plateforme OwnYourCash, Imène Maharzi forme une nouvelle génération de Business Angels, pour faciliter l'accès au financement des projets fondés/co-fondés par des femmes.